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Les carrières de Fontenay-sous-Bois (94120)

Fin de carrière!...

La ville de Fontenay, comme toute la cuvette du Bassin parisien, limitée par Villers-Cotterêts, Reims, Melun, Chevreuse, Montfort, Mantes et Beaumont possède des carrières, qui, après des siècles d'activité, sont devenues en quelques dizaines d'années une sorte de territoire secret et interdit.

Pour en rester au Val-de-Marne on dénombrait vers 1900 à Arcueil-Cachan, neuf carrières de marnes et d'argiles et quinze carrières de pierre, à Bry-sur-Marne une carrière de sable et deux carrières de pierre meulière, à Champigny huit carrières, à Chevilly deux autres, à Créteil onze carrières de sable cailloux graviers et moellons, à Fresnes deux carrières de glaise, à St Maur cinq carrières de moellons et une dizaine de sable et à Fontenay...une carrière de gypse. Ce terrain de 35ha (35000m²) qui se trouve sur le flanc du coteau, entre le cinéma le Kosmos et la rue Charles Bassée en passant à proximité de la Maison pour Tous et l'Hôtel de Ville était donc une carrière de pierre à plâtre.

Du gypse on en trouvait un peu partout dans la région, dans les Yvelines à Carrière-sur-Seine, en Seine-St-Denis, à Vitry, Triel etc...). La plupart du temps l'exploitation était souterraine, dans des galeries, mais parfois, la couche supérieure était exploitée à ciel ouvert. On trouverait ainsi des couches de 6 ou 14 mètres d'épaisseur -sous nos jardins et nos maisons- séparées entre elles par des argiles pouvant comprendre du calcaire (ce sont les marnes) bien imperméables aux eaux de ruissellement.


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La carrière de Fontenay a été créée tardivement, vers la fin du 18ième siècle. Elle a compté jusqu'à 6 fours à plâtre.La couche supérieure était donc partiellement exploitée à ciel ouvert sur 10 à 12m de profondeur avant de glisser sous un sandwich de remblais, de calcaire, de calcaire de Brie, de marnes vertes, de glaise, de marnes blanches, de marnes bleues. Par des puits on descendait dans la 2ième puis dans la 3ième couche de gypse jusqu'à 50m sous la surface. Chaque couche exploitée ayant une épaisseur variant entre 6 et 14m.

Dans ces couches on avait creusé des galeries, installé des rails, des wagonnets tirés par des chevaux et, chaque jour, en 1900, on extrayait, à Fontenay, 30 à 40 m3 de gypse. Ce gypse imbibé d'humidité, était remonté par les puits grâce à un système de poulies, puis versé dans des fours à bois installés à l'entrée des galeries. Après une chauffe à 150°C la pierre était broyée et transportée en sacs de 25kg de plâtre prêt à retrouver sa dureté pour peu qu'on lui rende l'eau qu'on avait extrait de sa matière.

On utilisait, comme maintenant ce matériau dans la construction, la décoration, la médecine etc...Il était enlevé sur place par les acheteurs (avec des voitures à chevaux) ou transporté chez un grossiste au bord de la Marne.

Les carrières

Résumé historique:

La carrière à plâtre a été exploitée depuis le bas moyen âge (première mention dans des documents d’archives en 1235). Le gypse chauffé entre 150° et 200° C, perd de l’eau et se transforme en plâtre. Ce matériau sera fréquemment utilisé dans le bâti ancien  comme enduit. Sa production de 40 sacs de 25 kg/j occupe 25 à 28 ouvriers en 1900. Cette même année ce plâtre très fin a servi à la construction de « la Porte Monumentale » de l’exposition universelle. Les carrières périclitent au début de notre siècle, et ferment en 1928.
1235 :
première mention 

XVIII siècle: première exploitation connue : Claude Etienne Lemoyne 

début XXsiècle: dernier exploitant Reitenbach et Rapp 

En 1920, encore, les établissements Rapp et Reitenbach qui exploitaient cette carrière de Fontenay, embauchaient des ouvriers venant de Pologne, de Hongrie et de Tchécoslovaquie.

En 1928 l'entreprise cesse son activité pour cause d'épuisement des couches exploitables.

Pendant plus de 20 ans on va utiliser ce vaste espace comme décharge publique. On a ainsi comblé une grande partie des galeries ouvertes, sans se préoccuper des galeries souterraines évidemment, avec les remblais provenant du creusement du métro prolongé jusqu'à Vincennes, ainsi qu'avec tous les déchets classiques de plâtras, ferrailles et détritus divers.

La ville avait grandi. On comptait environ 30000 Fontenaysiens en 1946 et les riverains étaient très mécontents des odeurs dégagées par cette carrière-décharge, de la poussière, des rongeurs et autres nuisances et le Maire transmettait, en l'appuyant, une pétition au Préfet de la Seine en demandant des prescriptions de la commission d'hygiène.

Le 5 avril 1939 un terrain s'enfonce au n° 81 et 83 rue des Moulins sous les clôtures des propriétés de MM Gandolfi et Sannois. La carrière avait été exploitée sous ces terrains jusqu'à la 2ième et la 3ième couche de gypse et même sur une partie proche, à ciel ouvert. Très vite ordre est donné au propriétaire de la carrière de remblayer les fouilles à ciel ouvert. Hélas il ne semble pas que le comblement souterrain, lui, ait été effectué et comme toujours dans ce type de creusement, l'eau de ruissellement parachève le travail des hommes.

Le gypse est fort peu résistant et il arrive, comme dans nos maisons, que le plafond -ici il s'agit de celui des galeries qu'on appelle le ciel- se fendille; l'eau coule et entraîne avec elle ce qui est au-dessus. La galerie haute de 6 à 10 m par endroits se remplit comme un sablier, et au dessus cela se creuse, se vide et débouche en fontis (une sorte de cratère) qui s'ouvre en surface, quelques dizaines de mètres plus haut.

Il est probable que l'ensemble de notre plateau est ainsi structuré de couches alternées de marnes argileuses et de gypse, à cette différence près que nous n'avons en principe pas de galeries sous nos pieds.

Ces fontis , c'est à dire l'effondrement du ciel des galeries, font parler d'eux:

en 1929: effondrement au 2 et au 33 rue des Carrières,

en 1935: effondrement rue des Moulins,

en 1948: immeuble fissuré rue Dalayrac,

en 1959-60 après la construction du Bowling sur un radier (une chape de béton complète) on doit injecter du ciment à cause d'un effondrement.

En 1979 une expertise est demandée par la propriétaire du terrain à l'Inspection Générale des Carrières. Des galeries ont été foudroyées à 16m de profondeur, d'autres à 23m et une autre encore plus bas. L'Inspection précise la difficulté de chiffrer le coût et l'ampleur du travail pour combler complètement les galeries. Il faudrait faire de nombreux sondages. On estime à l'époque que pour la construction d'un immeuble de 3 étages il faudrait 1 million de francs pour le bourrage ainsi qu'une plus-value de 600F par m² construit. Au delà de 3 étages il faudrait fonder les immeubles sur des pieux profonds de 50m.

1984: la mairie achète une partie du terrain.

1987: le service de l'urbanisme envisage la création d'un parc de détente, noyau de la coulée verte, sur cet espace de 12000m². Seulement l'ensemble est un gruyère. Il faudrait combler, analyser la nature des dépôts qui, pendant 20 ans, ont été entassés sans surveillance particulière. En un endroit on a trouvé un vide de 2000m² ,soit plusieurs dizaines de milliers de m3.

Il faudrait injecter du béton... on prévoit quand même avec optimisme la réalisation du parc en 1990.

2001: La mairie abandonne le top coûteux  projet de comblement des galeries au bénéfice d'une sorte de grille souple "géotextile" déposée en surface après avoir enlevé la couche de terre végétale. Cette grille, après remise en place de la terre, pourrait servir de support à l'ensemble du projet paysager.

L'exploitation de cette partie du Plateau n'est pas un cas unique. Bien des villes autour de Fontenay ont connu les mêmes problèmes et en subissent aujourd'hui les conséquences.

Cela peut représenter un argument de poids pour ceux qui restent vigilants sur la préservation de l'environnement et qui s'insurgent contre son exploitation aveugle et souvent nocive.

Il est vrai qu'au moment de la création de ces carrières, sous Louis XV, Fontenay n'était qu'un village. C'est beaucoup plus tard qu'on a essuyé les plâtres.

Pour en savoir plus sur les coupes de terrains et les sondages effectués dans ces carrières...cliquez ici

Après nous le déluge...

Si la température moyenne du globe s’élevait durablement de 4 ou 5 degrés centigrades nous dit-on, les glaces des pôles fondraient, ainsi que celles des glaciers.

Vous imaginez le paysage. La mer est remontée, allons laissons-nous une chance, de 60 mètres au dessus de son niveau actuel.

Quand vous pensez que l’ancienne mairie est à + 72m et le Plateau à +103m, cela fait beaucoup de banlieues dans l’eau et même sous l’eau, sans compter Paris!

L’Association de l’époque demande à la mairie le passage plus fréquent de navettes entre les différentes îles de la région. Une ligne de vedettes vers l' île de Bagnolet, une autre vers le Plateau d’Avron et une vedette directe vers Montmartre. Les plus écologistes demandent des pédalos. Bien sûr il fait plus chaud et les palmiers poussent sur notre archipel Fontenaysien. Il n’y a plus de grandes routes dans cette région, ni de RER, ni de rivières, ni d’égoûts -tout va à la mer-. Evidemment les usines d’eau potable sont submergées. Tout cela et bien d’autres choses pour 5°Centigrades.

Il parait qu’il y a longtemps le niveau des mers était 120 mètres plus élevé, autre problème.!

GM

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